Surf et Écologie : quel est l’impact du surf sur l’environnement ?

Surf et Écologie

On n’associe pas de prime abord le surf à l’écologie, même si sa pratique est étroitement liée à l’Océan. Pourtant, les surfeurs sont connectés à Mère Nature et n’ont d’autres choix que de se plier à ses multiples caprices ; ils ont le devoir de respecter leur environnement, mais aussi de le comprendre pour, par exemple, analyser les conditions météorologiques et océaniques afin d’appréhender au mieux leur session.

Mais ce sport quelquefois extrême, et pour lequel le nombre de pratiquants ne cesse d’augmenter chaque année, ne serait pas aussi respectueux de l’environnement qu’il n’y paraît. Il existe pourtant de multiples alternatives pour permettre aux riders de réduire leur empreinte carbone : du choix du matériel utilisé par le surfeur, ramer ou choisir le wipeout en passant par le choix des spots. À chaque usage ou pratique qui pourraient engendrer un début de désastre écologique, des solutions existent ou sont en cours de développement.

Surf et écologie : Une surfeuse se dirigeant vers l'océan avec sa planche de surf sur la plage de surf de Taghazout.

Choix du matériel : et l’écologie dans tout ça?

Il est estimé qu’en une seule année, un surfeur utilise une planche, deux combinaisons, un kg de wax et quatre leash. Maintenant, si l’on ramène la production de ce matériel et donc son empreinte écologique aux 35 millions de surfeurs estimés dans le monde…

Il existe majoritairement deux types de planche de surf, la première est produite à partir de mousse en polyuréthane, le second type de planche est fabriqué à partir de mousse en polystyrène. La première n’est pas recyclable, contrairement à la seconde.

« The ReSurf Project » est une organisation française qui a pour objectif de collecter les planches usées en France afin d’en recycler la partie en polystyrène pour produire de nouvelles planches. L’écologie dans le surf, c’est donc possible !

Les combinaisons composées de néoprène ne sont pas directement recyclables : le néoprène étant une matière très toxique lors de l’incinération, sort réservé à la majorité des combinaisons de surf usagées.

Plusieurs organisations existent justement dans l’objectif de recycler directement ces combinaisons. L’entreprise Française « Téorum » collecte des combinaisons usagées pour des créations vestimentaires, ou encore l’entreprise Américaine « Suga » produit des tapis de yoga fabriqués à partir de combinaisons néoprènes hors d’usage.

La wax, indispensable aux surfeurs, est néanmoins très nocive pour l’environnement et pour le surfeur lui-même ; la plupart des wax étant fabriquées à partir de produits dérivés du pétrole.

De nouvelles marques telles que « Greenfix », l’entreprise Française, produit une wax en suivant un modèle de développement durable. Produite localement par des personnes handicapées et à partir de matériaux non nocifs pour l’environnement, cette wax est le compromis parfait pour les surfeurs éco-responsables.

Enfin, la crème solaire, certes primordiale pour les surfeurs, elle n’en est pas moins dangereuse pour nos océans et pour les surfeurs eux-mêmes. Il existe aujourd’hui des alternatives simples comme mettre un tee-shirt anti UV. Ces dangers seront alors minimisés.

Pour résumer, le comportement le plus éco-responsable qui soit pour choisir son matériel est de privilégier des produits fabriqués localement à base de matériaux recyclables et peu nocifs pour l’environnement. Il est également possible d’acheter une planche de surf d’occasion si vous débutez. Pensez également à revendre ou donner votre planche ou à la recycler si vous y êtes sentimentalement et viscéralement attachée.

Les jet-skis : aurait-on oublié l’écologie ?

Parmi les surfeurs professionnels ou aguerris, nous retrouvons deux écoles : les rameurs et les utilisateurs de jet skis. En effet, dans certaines conditions, l’unique force des bras n’est pas suffisante pour ramer face à des vagues trop puissantes. Les jet-skis rentrent alors en jeu et propulsent les surfeurs sur ces vagues toujours plus impressionnantes. Ce qui était impossible autrefois l’est aujourd’hui grâce à l’aide d’engins motorisés.

Seul hic, ces engins sont extrêmement nocifs pour l’environnement et vont complètement contre l’idée même de surfer de façon éco-responsable. Un jet-ski a une consommation de 20 litres d’essence l’heure. Lors d’événements centrés sur le surf de grosses vagues, 25 équipages sont sur l’eau pendant quelques heures, 3000 litres de carburant sont alors consommés. Pour avoir une idée précise, cela représente la consommation d’une seule personne sur 1 an ou encore la consommation d’une voiture lors d’un tour du monde.
Le choix de dépasser les limites physiques du surfeur à l’aide d’un facteur d’aggravation de la pollution ou celui du respect de la nature se pose alors.

surf et écologie

Le choix des spots de surf

Où aller surfer ? A quels moments de l’année ? Ses variables peuvent également augmenter ou réduire l’empreinte carbone. Malgré l’image verte que se donne la majorité des surfeurs professionnels, la réalité est toute autre.

En effet, les plus grands surfeurs sont bien souvent à la recherche de la vague parfaite et n’hésitent pas à faire des milliers de kilomètres pour la trouver, quitte à utiliser le mode de transport le plus polluant qui soit : l’avion.

Il s’agit notamment des surfeurs de grosses vagues qui parcourent le monde, de la vague de Nazaré au Portugal, à Jaws située à Hawaï, à Cortes Bank aux Etats-Unis, à Puerto Escondido au Mexique ou enfin à Belharra en France.

Mais il existe aussi des surfeurs qui font le choix de rester fidèles à leur spot même en hiver et d’affronter le froid grâce à leur combinaison la plus chaude.

D’autres, souhaitent plutôt continuer à profiter du soleil et de la chaleur et fuient le froid pour Hawaï, le Costa-Rica, le Panama, ou encore la Polynésie Française.

Et puis il y a les surfeurs avides d’aventure, les « surf explorer » qui ont soif de découvrir des spots encore inconnus du « grand public » ou seuls les locaux sont les rares pratiquants à profiter de la vague parfaite sur laquelle personne n’a encore glissé.

Malheureusement, beaucoup de spots, encore inconnus il y a quelques dizaines d’années sont aujourd’hui complètement dévastés par les surfeurs et le tourisme en général. On peut citer notamment la région d’Agadir. En effet, les spots bien connus autour de Taghazout seraient en danger face aux développements immobilier et hôtelier de luxe dans la région. Certains spots auraient déjà disparu. On se pose alors un question cruciale et vitale : comment maintenir un équillibre entre le développement économique, l’évolution sociale liés au surf, la création des surf camps à Taghazout et le respect de l’Océan ainsi que ses vagues mythiques?

Force est de constater que le monde du surf mérite, lui aussi, de se remettre en question en termes d’écologie en commençant par se méfier du greenwashing utilisé par les diverses marques affichant des valeurs « vertes ».

Mais agir individuellement est toujours possible pour préserver le surf et le mode de vie entourant sa pratique. Gardons à l’esprit que ce sont les Hommes qui sont la cause majeure des dérèglements de la Nature. Et si nous en sommes la cause, nous pouvons sûrement en être la solution à travers l’écologie.

La team Aloha

aloha

 

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